Données de base

Pour compléter ce qu'on lira ici, se reporter à la section BIBLIOTHÈQUE de notre menu principal.

SONS ET BRUIT

  • Les sons perçus par l'oreille humaine sont souvent agréables, souhaités, recherchés… mais quand ils sont non désirés, qu'ils sont intenses, déplaisants ou inattendus, alors ils deviennent bruits.
  • Grosso modo, l'on peut dire que le son commence à être pénible à partir de 75 dB et qu'il est dangereux à partir de 85 dB.

L'ÉCHELLE DES DÉCIBELS

  • Les sons et les bruits se mesurent en terme de décibels. Il est important de retenir que l'échelle des décibels est une échelle logarithmique. Ce qui signifie que, à tel son donné, si l'on ajoute 3 décibels supplémentaires, cela correspondra à un doublement du niveau sonore, alors que 10 décibels ajouté au même son signifiera une multiplication de celui-ci par 10.

ÉCHELLE DES NIVEAUX SONORES ET RÉACTIONS HUMAINES

Le tableau suivant est extrait du MÉMOIRE DE L'ORDRE DES ORTHOPHONISTES ET AUDIOLOGISTES DU QUÉBEC - mémoire présenté dans le cadre de la consultation publique sur les véhicules hors route en juin 2005. Ce tableau présente une échelle des niveaux de pression acoustique de différents bruits familiers, exprimés en décibels (dBA). Ce tableau nous permet de comprendre pourquoi des études ont montré qu'en ce qui concerne l'effet des nuisances sonores de la circulation routière, le seuil de tolérance de la population se situe vers 60 dB(A) le jour et vers 50 dB(A) la nuit. À partir de 90 db(A), on peut sans équivoque parler de nuisance publique et d'agression psychophysiologique. Nous intercalons dans ce tableau les données correspondant au bruit d'une voiture puis à celui d'un camion en route, repère nous servant souvent de point de comparaison dans ce site entre les véhicules faisant un bruit insupportable comparativement aux véhicules dont le bruit est supportable.

Tableau 1 – Échelle des niveaux sonores et réactions humaines

Événement acoustique dBA Effets à un mètre de distance
Seuil d'audibilité 0 aucun bruit
Respiration normale 10 À peine audible
Tic-tac d'une montre, chuchotement 20 À peine reconnaissable
Conversation à voix basse 30 Très doux
Réfrigérateur 40 Doux
Bureau paisible, climatiseur 50 Confortable
Conversation normale 55-60 Confortable pour communiquer
Voiture roulant à 60 km/h à 20 mètres 65 75, à 3 mètres.
Lave-vaisselle, sèche-cheveux 70 Incommodant, gênant pour la conversation téléphonique
Nombreuses usines, camion diesel, Trafic urbain, aspirateur 80-85 Rend la conversation difficile, nuit aux apprentissages Risque à l'audition si exposition 8h/jour, fatigue
Camion roulant à 50 km/h à 20 mètres 85  
Métro, tondeuse, motomarine 90 Gênant et très stressant
Scie ronde, motocyclette, motoneige, baladeur à volume max. 100-105 Risque à l'audition si exposition plus de 15 min/jour
Scie mécanique, marteau piqueur 110 Risque à l'audition si exposition plus de 1 min/jour
Sirène d'ambulance, discothèque 120 Vibrations ressenties sur tout le corps
Fusil pneumatique 130 Risque de traumatisme à l'oreille, début de douleur
Avion à réaction (à proximité) 140 Douleur à l'oreille, traumatisme irréversible

 

STRUCTURE OU CARACTÈRE DU BRUIT

Il faut ici faire une précision extrêmement importante.

Nous ne pouvons pas seulement tenir compte du nombre de décibels produits, il faut considérer la structure ou le caractère du bruit en cause. Dans le cas des silencieux bruyants de voitures ou de motos, dans le cas des véhicules de loisir motorisé que nous pointons (motoneiges, motomarines et quads), il s'agit toujours d'équipements qui grondent, pétaradent ou souvent les deux à la fois. Pareil bruit n'engendre pas du tout la même nuisance sonore qu'un son homogène. Nous avançons que lorsqu'un son grondant ou pétaradant est produit, il faut ajouter 10 décibels à ce qu'enregistre le sonomètre pour rendre compte de la nuisance et par conséquent de l'irritation ressentie par la population. Or, quand on ajoute 10 décibels, cela signifie 10 fois plus bruyant. Et c'est pourquoi la population est tellement irritée par les nuisances sonores dont nous parlons. Et c'est pourquoi dans l'intervention sur ces dossiers, cet aspect doit absolument être pris en compte.

OBSERVATIONS SUR LES BRUITS DE CIRCULATION

Nous avons pris récemment une série de mesures au sonomètre en nous tenant sur le trottoir tout près de la voie de service de l'autoroute métropolitaine à Montréal. Il y passe beaucoup de véhicules évidemment même s'il est 14h30 de l'après-midi.

1) Ce n'est pas du tout en soi un milieu insupportable sur le plan sonore. Vous êtes à seulement 3 mètres de voitures et de camions qui passent en permanence. Or le bruit des voitures correctement équipées à cette distance ne dépasse guère 75 décibels, ce qui est tout à fait tolérable. Ce que vous entendez, c'est surtout le frottement des pneus, un son plutôt homogène. Quant aux camions de moyenne taille (il y eut même un 10 roues qui est passé), le sonomètre n'enregistre alors guère plus que 80 décibels. Ici aussi, il s'agit de sons continus, rien de pétaradant, rien de grondant ou de rageur. Vous pouvez rester là et regarder le ciel bleu de temps à autre, vous ne souffrez pas. Il suffirait d'une seule voiture ou moto équipée d'un échapppement volontairement bruyant pour vous agresser sur le champ.

2) À proximité de cet endroit, même jour, des ouvriers s'affairaient à la réfection d'un mur de briques. Nous nous sommes postés à proximité d'un téléporteur mécanique utilisé pour transporter des éléments lourds sur le toit. Le son de ce téléporteur, c'est tout autre chose. On enregistre près de 85 décibels mais dans une structure de bruit tout autre (type scie ronde, type marteau-piqueur). Même s'il entre en compte évidemment, ce n'est pas uniquement le 5 décibels de plus qui est en jeu, mais la structure du bruit qui fait en sorte que vous n'avez plus aucune envie de rester dans ce voisinage. L'exemple n'est pas donné pour se plaindre de l'utilisation de machines-outils, mais pour dénoncer les silencieux modifiés de voitures et de motocyclettes qui propagent dans l'environnement ce genre de bruit insupportable, ceci parfaitement gratuitement et sans nulle utilité sociale. Le problème dans ces cas-là, c'est que certains aiment se sentir au volant de voiture de course, sur la voie publique, au plus grand dam de la majorité des gens.

OUTIL TRÈS INTÉRESSANT EN MATIÈRE D'ÉCHELLE DE DÉCIBELS

Voici un outil très intéressant à utiliser pour repérer le nombre de décibels produits. Il s'agit du :

Noise Navigator Sound Level Database
 

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Bruit et Santé

EFFETS DU BRUIT SUR LA SANTÉ

Si nous voulions résumer sous un mode schématique les effets du bruit sur la santé (bien documentés par la science et l'Organisation mondiale de la santé) nous le ferions comme suit :

Surdité ou perte importante d'acuité auditive
Fatigue, irritabilité
Problèmes de sommeil important
Augmentation de la tension artérielle
Augmentation DES MALADIES CARDIO-VASCULAIRES (1)
Modifications du comportement : agressivité subite. (Une agressivité qui se comprend aisément. Qui tolére qu'on lance des ordures dans son jardin ? Vous aimeriez ? Qui tolére qu'on lui marche sur les pieds ? Vous aimeriez ? Avec le bruit excessif on nous agresse les tympans impunément, en fait plus encore, tout l'intérieur du corps)

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(1) Musique et bruits pénibles entraînent un rétrécissement des vaisseaux sanguins et par conséquent une augmentation de la tension artérielle. C'est ce lien qui permet de comprendre une augmentation DES MALADIES CARDIO-VASCULAIRES.)

IMPACT DU BRUIT SUR LA SANTÉ

Les 2 paragraphes qui suivent sont extraits du site web de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il n'y a pas que le RQCB qui considère le bruit comme un problème de santé publique.

"Le fait que le bruit est non seulement une nuisance mais encore une menace grave pour la santé n'est reconnu que depuis peu, et l'on pense aujourd'hui que les effets sur la santé de l'exposition au bruit constituent un problème de santé publique de plus en plus important."

"Le bruit peut être à l'origine de déficits auditifs, gêner la communication, perturber le sommeil, avoir des effets cardio-vasculaires et psychophysiologiques, compromettre la qualité du travail et provoquer des réactions d'hostilité ainsi que des changements du comportement social. La principale conséquence sociale des déficits auditifs est l'incapacité à comprendre la parole dans des circonstances normales, ce qui est considéré comme un grave handicap social."

TOXICOLOGIE, SYMPTÔMES

Le bruit peut induire des réactions neuro-végétatives aiguës : augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression sanguine, contractions musculaires, sécrétion d'hormones de stress , généralement dues à des bruits soudains.

Les effets majeurs du bruit à un niveau d'exposition domestique se traduisent par des difficultés d'endormissement et des réveils nocturnes, une augmentation du stress et des difficultés de concentration pour lire, écrire ou apprendre. Il a été prouvé que les résultats scolaires des enfants apprenant dans une ambiance bruyante étaient moins bons que ceux des enfants au calme. Des effets secondaires, comme une détérioration de l'humeur et des performances, une fatigue générale, une perturbation du comportement social et même de la dépression peuvent se manifester, si le sommeil est gravement perturbé sur une longue période.

Le bruit peut avoir des conséquences directes importantes sur le bien-être des habitants : ne pas pouvoir écouter la radio sans interférence, ne pas pouvoir profiter de son balcon ou ne pas pouvoir dormir la fenêtre entr'ouverte à cause des bruits de la circulation, être obligé d'élever la voix pour avoir une conversation, sont des situations courantes.

LE BRUIT TUE

En décembre 2007, le magazine américain New Scientist soulignait que le "bruit tue de la même manière que le stress auquel il contribue", ceci parce que le bruit modifie la biochimie humaine en élevant la pression sanguine, renforçant ainsi le risque d'attaques cardiaques.

Lire davantage sur cette réalité et ce qu'énonçait le magazine :

http://www.newscientist.com/channel/health/mg19626355.700-news-review-2007-hidden-harm-from-noise-pollution.html

STATISTIQUES QUÉBÉCOISES

Nous ne disposons pas de données récentes sur le pourcentage de la population québécoise souffrant du bruit. Il faudra qu'un sondage sérieux et complet soit effectué, sondage payé par les fonds publics. Le RQCB voudra être associé à l'inventaire et à la formulation des questions. Nous disposons cependant des données suivantes datant de 2001 et 2002.

SONDAGE L'ACTUALITÉ-SONDAGEM (2001)

Un sondage l'Actualité-Sondagem a été réalisé pour le compte du magazine l'Actualité au mois de mai 2001. Il en ressort les chiffres importants suivants. À ce moment-là déjà :

- la majorité des Québécois (72%) croyaient que la société était plus bruyante qu'il y a 10 ans ;

- un Québécois sur cinq s'est dit régulièrement dérangé par le bruit, à la maison et au travail. (20 % de la population du Québec, en chiffres d'aujourd'hui, c'est plus d'un million de personnes.)

- le sondage signalait que l'été précédent, en pleine période de festivals, de "ventes-trottoir" et de barbecues, la Communauté urbaine de Montréal recevait près de 5 000 plaintes par mois de personnes excédées par le bruit.

- 21,8% des gens de l'échantillon interrogé ont répondu que leur voisinage était trop bruyant.

- 22,2% des gens ont répondu être dérangés (beaucoup ou assez) par la musique dans les endroits publics.

SONDAGE CANADIEN PNC CONSULTING INCLUANT UN ÉCHANTILLON SIGNIFICATIF DE QUÉBÉCOIS - 2002


Données à retenir, plus édifiantes que dans le paragraphe précédent :

- 55,5% des Québécois ont indiqué être dérangés à divers degrés par le bruit provenant de l'extérieur de leur maison en faisant référence aux 12 derniers mois (dans l'ensemble du Canada : 51%) (PNC Consulting, 2002).

- Le bruit émis par la circulation hors route, donc par les VHR compte parmi les principales sources de bruits incommodants .

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N.B. Les données émanant de ce sondage ont été rapportées dans le Mémoire de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) déposé à la Commission parlementaire sur les transports et l'environnement (tenue en mars 2006).


Références utilisées pour ces données de base  :

Son et bruit

L'échelle des décibels

  • Voir Linternaute.com/savoir.

Échelle des niveaux sonores

  • MÉMOIRE DE L'ORDRE DES ORTHOPHONISTES ET AUDIOLOGISTES DU QUÉBEC - mémoire présenté dans le cadre de la consultation publique sur les véhicules hors route en juin 2000

Impact du bruit sur la santé

On complètera avantageusement la lecture de cette section-ci en se rendant à la section BIBLIOTHÈQUE.