Le tableau suivant est extrait du MÉMOIRE DE L'ORDRE DES ORTHOPHONISTES ET AUDIOLOGISTES DU QUÉBEC - mémoire présenté dans le cadre de la consultation publique sur les véhicules hors route en juin 2005. Ce tableau présente une échelle des niveaux de pression acoustique de différents bruits familiers, exprimés en décibels (dBA). Ce tableau nous permet de comprendre pourquoi des études ont montré qu'en ce qui concerne l'effet des nuisances sonores de la circulation routière, le seuil de tolérance de la population se situe vers 60 dB(A) le jour et vers 50 dB(A) la nuit. À partir de 90 db(A), on peut sans équivoque parler de nuisance publique et d'agression psychophysiologique. Nous intercalons dans ce tableau les données correspondant au bruit d'une voiture puis à celui d'un camion en route, repère nous servant souvent de point de comparaison dans ce site entre les véhicules faisant un bruit insupportable comparativement aux véhicules dont le bruit est supportable.
| Événement acoustique | dBA | Effets à un mètre de distance |
|---|---|---|
| Seuil d'audibilité | 0 | aucun bruit |
| Respiration normale | 10 | À peine audible |
| Tic-tac d'une montre, chuchotement | 20 | À peine reconnaissable |
| Conversation à voix basse | 30 | Très doux |
| Réfrigérateur | 40 | Doux |
| Bureau paisible, climatiseur | 50 | Confortable |
| Conversation normale | 55-60 | Confortable pour communiquer |
| Voiture roulant à 60 km/h à 20 mètres | 65 | 75, à 3 mètres. |
| Lave-vaisselle, sèche-cheveux | 70 | Incommodant, gênant pour la conversation téléphonique |
| Nombreuses usines, camion diesel, Trafic urbain, aspirateur | 80-85 | Rend la conversation difficile, nuit aux apprentissages Risque à l'audition si exposition 8h/jour, fatigue |
| Camion roulant à 50 km/h à 20 mètres | 85 | |
| Métro, tondeuse, motomarine | 90 | Gênant et très stressant |
| Scie ronde, motocyclette, motoneige, baladeur à volume max. | 100-105 | Risque à l'audition si exposition plus de 15 min/jour |
| Scie mécanique, marteau piqueur | 110 | Risque à l'audition si exposition plus de 1 min/jour |
| Sirène d'ambulance, discothèque | 120 | Vibrations ressenties sur tout le corps |
| Fusil pneumatique | 130 | Risque de traumatisme à l'oreille, début de douleur |
| Avion à réaction (à proximité) | 140 | Douleur à l'oreille, traumatisme irréversible |
Il faut ici faire une précision extrêmement importante.
Nous ne pouvons pas seulement tenir compte du nombre de décibels produits, il faut considérer la structure ou le caractère du bruit en cause. Dans le cas des silencieux bruyants de voitures ou de motos, dans le cas des véhicules de loisir motorisé que nous pointons (motoneiges, motomarines et quads), il s'agit toujours d'équipements qui grondent, pétaradent ou souvent les deux à la fois. Pareil bruit n'engendre pas du tout la même nuisance sonore qu'un son homogène. Nous avançons que lorsqu'un son grondant ou pétaradant est produit, il faut ajouter 10 décibels à ce qu'enregistre le sonomètre pour rendre compte de la nuisance et par conséquent de l'irritation ressentie par la population. Or, quand on ajoute 10 décibels, cela signifie 10 fois plus bruyant. Et c'est pourquoi la population est tellement irritée par les nuisances sonores dont nous parlons. Et c'est pourquoi dans l'intervention sur ces dossiers, cet aspect doit absolument être pris en compte.
Nous avons pris récemment une série de mesures au sonomètre en nous tenant sur le trottoir tout près de la voie de service de l'autoroute métropolitaine à Montréal. Il y passe beaucoup de véhicules évidemment même s'il est 14h30 de l'après-midi.
1) Ce n'est pas du tout en soi un milieu insupportable sur le plan sonore. Vous êtes à seulement 3 mètres de voitures et de camions qui passent en permanence. Or le bruit des voitures correctement équipées à cette distance ne dépasse guère 75 décibels, ce qui est tout à fait tolérable. Ce que vous entendez, c'est surtout le frottement des pneus, un son plutôt homogène. Quant aux camions de moyenne taille (il y eut même un 10 roues qui est passé), le sonomètre n'enregistre alors guère plus que 80 décibels. Ici aussi, il s'agit de sons continus, rien de pétaradant, rien de grondant ou de rageur. Vous pouvez rester là et regarder le ciel bleu de temps à autre, vous ne souffrez pas. Il suffirait d'une seule voiture ou moto équipée d'un échapppement volontairement bruyant pour vous agresser sur le champ.
2) À proximité de cet endroit, même jour, des ouvriers s'affairaient à la réfection d'un mur de briques. Nous nous sommes postés à proximité d'un téléporteur mécanique utilisé pour transporter des éléments lourds sur le toit. Le son de ce téléporteur, c'est tout autre chose. On enregistre près de 85 décibels mais dans une structure de bruit tout autre (type scie ronde, type marteau-piqueur). Même s'il entre en compte évidemment, ce n'est pas uniquement le 5 décibels de plus qui est en jeu, mais la structure du bruit qui fait en sorte que vous n'avez plus aucune envie de rester dans ce voisinage. L'exemple n'est pas donné pour se plaindre de l'utilisation de machines-outils, mais pour dénoncer les silencieux modifiés de voitures et de motocyclettes qui propagent dans l'environnement ce genre de bruit insupportable, ceci parfaitement gratuitement et sans nulle utilité sociale. Le problème dans ces cas-là, c'est que certains aiment se sentir au volant de voiture de course, sur la voie publique, au plus grand dam de la majorité des gens.
Voici un outil très intéressant à utiliser pour repérer le nombre de décibels produits. Il s'agit du :
| Noise Navigator Sound Level Database |
http://www.e-a-r.com/pdf/hearingcons/Noise_Nav.xls
En vous rendant sur ce site, utiliser la barre de navigation horizontale situé au dessous du fichier excel pour choisir les catégories qui vous intéressent.
Si nous voulions résumer sous un mode schématique les effets du bruit sur la santé (bien documentés par la science et l'Organisation mondiale de la santé) nous le ferions comme suit :
Surdité ou perte importante d'acuité auditive
Fatigue, irritabilité
Problèmes de sommeil important
Augmentation de la tension artérielle
Augmentation DES MALADIES CARDIO-VASCULAIRES (1)
Modifications du comportement : agressivité subite. (Une agressivité qui se comprend aisément. Qui tolére qu'on lance des ordures dans son jardin ? Vous aimeriez ? Qui tolére qu'on lui marche sur les pieds ? Vous aimeriez ? Avec le bruit excessif on nous agresse les tympans impunément, en fait plus encore, tout l'intérieur du corps)
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(1) Musique et bruits pénibles entraînent un rétrécissement des vaisseaux sanguins et par conséquent une augmentation de la tension artérielle. C'est ce lien qui permet de comprendre une augmentation DES MALADIES CARDIO-VASCULAIRES.)
Les 2 paragraphes qui suivent sont extraits du site web de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il n'y a pas que le RQCB qui considère le bruit comme un problème de santé publique.
"Le fait que le bruit est non seulement une nuisance mais encore une menace grave pour la santé n'est reconnu que depuis peu, et l'on pense aujourd'hui que les effets sur la santé de l'exposition au bruit constituent un problème de santé publique de plus en plus important."
"Le bruit peut être à l'origine de déficits auditifs, gêner la communication, perturber le sommeil, avoir des effets cardio-vasculaires et psychophysiologiques, compromettre la qualité du travail et provoquer des réactions d'hostilité ainsi que des changements du comportement social. La principale conséquence sociale des déficits auditifs est l'incapacité à comprendre la parole dans des circonstances normales, ce qui est considéré comme un grave handicap social."
Le bruit peut induire des réactions neuro-végétatives aiguës : augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression sanguine, contractions musculaires, sécrétion d'hormones de stress , généralement dues à des bruits soudains.
Les effets majeurs du bruit à un niveau d'exposition domestique se traduisent par des difficultés d'endormissement et des réveils nocturnes, une augmentation du stress et des difficultés de concentration pour lire, écrire ou apprendre. Il a été prouvé que les résultats scolaires des enfants apprenant dans une ambiance bruyante étaient moins bons que ceux des enfants au calme. Des effets secondaires, comme une détérioration de l'humeur et des performances, une fatigue générale, une perturbation du comportement social et même de la dépression peuvent se manifester, si le sommeil est gravement perturbé sur une longue période.
Le bruit peut avoir des conséquences directes importantes sur le bien-être des habitants : ne pas pouvoir écouter la radio sans interférence, ne pas pouvoir profiter de son balcon ou ne pas pouvoir dormir la fenêtre entr'ouverte à cause des bruits de la circulation, être obligé d'élever la voix pour avoir une conversation, sont des situations courantes.
En décembre 2007, le magazine américain New Scientist soulignait que le "bruit tue de la même manière que le stress auquel il contribue", ceci parce que le bruit modifie la biochimie humaine en élevant la pression sanguine, renforçant ainsi le risque d'attaques cardiaques.
Lire davantage sur cette réalité et ce qu'énonçait le magazine :
Nous ne disposons pas de données récentes sur le pourcentage de la population québécoise souffrant du bruit. Il faudra qu'un sondage sérieux et complet soit effectué, sondage payé par les fonds publics. Le RQCB voudra être associé à l'inventaire et à la formulation des questions. Nous disposons cependant des données suivantes datant de 2001 et 2002.
SONDAGE L'ACTUALITÉ-SONDAGEM (2001)
Un sondage l'Actualité-Sondagem a été réalisé pour le compte du magazine l'Actualité au mois de mai 2001. Il en ressort les chiffres importants suivants. À ce moment-là déjà :
- la majorité des Québécois (72%) croyaient que la société était plus bruyante qu'il y a 10 ans ;
- un Québécois sur cinq s'est dit régulièrement dérangé par le bruit, à la maison et au travail. (20 % de la population du Québec, en chiffres d'aujourd'hui, c'est plus d'un million de personnes.)
- le sondage signalait que l'été précédent, en pleine période de festivals, de "ventes-trottoir" et de barbecues, la Communauté urbaine de Montréal recevait près de 5 000 plaintes par mois de personnes excédées par le bruit.
- 21,8% des gens de l'échantillon interrogé ont répondu que leur voisinage était trop bruyant.
- 22,2% des gens ont répondu être dérangés (beaucoup ou assez) par la musique dans les endroits publics.
SONDAGE CANADIEN PNC CONSULTING INCLUANT UN ÉCHANTILLON SIGNIFICATIF DE QUÉBÉCOIS - 2002
Données à retenir, plus édifiantes que dans le paragraphe précédent :
- 55,5% des Québécois ont indiqué être dérangés à divers degrés par le bruit provenant de l'extérieur de leur maison en faisant référence aux 12 derniers mois (dans l'ensemble du Canada : 51%) (PNC Consulting, 2002).
- Le bruit émis par la circulation hors route, donc par les VHR compte parmi les principales sources de bruits incommodants .
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N.B. Les données émanant de ce sondage ont été rapportées dans le Mémoire de l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) déposé à la Commission parlementaire sur les transports et l'environnement (tenue en mars 2006).
On complètera avantageusement la lecture de cette section-ci en se rendant à la section BIBLIOTHÈQUE.